Aina Bauzà établit un nouveau record transatlantique à la voile

- 30 jours, 22 heures et 34 minutes : c’est le nouveau record transatlantique Cadix–Bahamas de navigation en solitaire sur un monocoque.
- Aina est arrivée aujourd’hui à 12 h 49, heure espagnole, sur l’île de San Salvador, aux Bahamas.
Après 30 jours de traversée, Aina Bauzà, navigatrice du Club de Vela Port d’Andratx, a marqué l’histoire en établissant un nouveau record transatlantique de navigation en solitaire sur un monocoque, entre Cadix et les Bahamas, après son départ le 3 mars. Le World Sailing Speed Record Council (WSSRC), organisme chargé d’homologuer les records du monde de voile, certifiera cet exploit. À seulement 29 ans, Aina devient la première personne à accomplir cette traversée entre Cadix et San Salvador en solitaire sur un monocoque, la première femme à la réaliser et la première navigatrice à le faire sur un bateau de 21 pieds, soit 6,5 mètres.
L’objectif initial était de parcourir en moins de 21 jours les près de 4 000 milles nautiques séparant Cadix de San Salvador. Les conditions météorologiques défavorables ont toutefois retardé son arrivée. « La météo ne m’a pas permis de suivre la route la plus courte. J’ai dû descendre très au sud pour rester dans une zone de vents favorables et parcourir beaucoup plus de milles que prévu », a expliqué Aina. Elle a finalement parcouru environ 4 800 milles en 31 jours, avec des pointes de vitesse atteignant 18 nœuds.

Une météo capricieuse
Aina a dû composer avec une météo imprévisible pendant toute la traversée. Au début du voyage, elle a rencontré trois fronts froids. Son arrivée aux Canaries s’est bien déroulée, malgré quelques heures à faible vitesse dans les zones déventées des îles. Plus tard, en entrant dans l’Atlantique, elle a dû descendre davantage vers le sud en raison de la proximité de l’anticyclone des Açores. Dans l’Atlantique central, les alizés se sont progressivement renforcés, avec plusieurs jours à plus de 25 nœuds et des vagues atteignant quatre mètres. Enfin, à l’approche des Caraïbes, une succession de quatre fronts froids assez actifs a provoqué des vents plus variables et surtout de très fortes pluies.
Un défi personnel
Au-delà du record mondial, cette traversée représentait un défi personnel pour Bauzà. « C’était la première fois que je restais aussi longtemps seule à bord et ma première traversée de l’Atlantique. » Pendant plus de 16 jours, elle n’a aperçu aucune trace de vie humaine. Ce n’est qu’à proximité de l’arrivée, dans les eaux caribéennes, qu’elle a croisé son premier cargo. « Je l’ai vu sur l’AIS et je n’arrivais pas à y croire : il y avait un bateau à proximité. J’ai dû le voir de mes propres yeux. » Elle a également été surprise par la quantité de déchets dans l’océan : « J’ai trouvé un tube fluorescent de cuisine, des emballages, des tuyaux… Cela me faisait beaucoup de peine, car il m’était impossible de les récupérer à la vitesse à laquelle je naviguais. »
Une histoire racontée en direct
Aina a partagé son aventure en direct sur les réseaux sociaux. Elle prévoit maintenant de raconter cette expérience dans un court documentaire qui sera produit au cours des prochains mois et montrera ce que signifie vivre pendant un mois sur un bateau de 6,5 mètres, sans les commodités habituelles : ni lit, ni cuisine, ni toilettes.
Prochaine étape : le retour en Europe
La navigatrice prépare désormais son retour en Europe. Le Redó by Ànima Negra regagnera Majorque à bord de la flotte de Peters & May, partenaire de cette aventure. Malgré ce succès, Aina pense déjà à de nouveaux défis et projets. Elle aimerait maintenant partager la navigation avec davantage de personnes et apprendre auprès d’autres navigateurs.
« J’ai navigué seule, mais rien de tout cela n’aurait été possible sans tous les soutiens reçus. »
Ce projet a bénéficié du soutien de nombreux sponsors et partenaires. Parmi eux, Ànima Negra, principal soutien d’Aina depuis le début de sa carrière au large, ainsi que d’autres entreprises majorquines comme Astilleros de Mallorca, dont l’aide a été essentielle pour préparer le bateau à ce défi. B&G a sponsorisé l’électronique embarquée, Omniaccess a fourni la connexion satellite, PL Sails a conçu des voiles spécialement pour le Redó et Robline s’est chargée du cordage, parmi d’autres partenaires présentés sur le site du projet.


